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littéraire

  • critique des lecteurs : le commentaire de Vanessa Mattin, auteuse.

    Pour info, Vanessa Mattin est une auteuse de talent, si proche de mon univers que je lui ai proposé de rédiger un roman à quatre mains. Voici son commentaire à propos des merles, qu'elle vient de lire.

     

    A y est ! Tout lu ! Mon dieu ce que tu peux être secoué mon pauvre Luc !!! Moi, l'hypertrichose en plus !!! Si on arrive à finaliser notre projet commun, la littérature contemporaine va prendre un nouveau tournant !!!

  • critique des lecteurs : le commentaire de Danielle

    Merci à Danielle pour cette critique très originale, à propos de mon deuxième roman : C'est au pied du mur qu'on mange des merles !

     

     

    Elleharaant(1), un humour décoiffant (bon, j’suis coiffée comme l’as de carreau(2), mais le roman a réussi à m’ébouriffer encore plus, sans doute à cause de mes crises de fou-rire !), désopilant, nectarbilatoire(3) !
    Je ne vais pas vous faire un résumé pour ne pas gâcher votre plaisir de lecteur, qui contrairement au plaisir d’amour qui ne dure qu’un instant, dure, lui, ici, de la première à la dernière page.
    Bref, un ouvrage qui devrait être emboursé par la séfesse(4). Il vaut tous les antidépresseurs du monde.
    Vous comprendrez que je l’ai senioré(5) et que je prie humblement l’hauteur(6)de me pardonner d’avoir plagié certains de ses tics d’écriture. S’il s’était agi de tiques, je me serais abstenue. Juste un petit truc: j'ai des crampes d'estomac quand je dois ouvrir mon placard! 

    1)Elle plutôt que IL, le mois de mars étant celui de la femme
    2)Y an a marre de l’as de pique !
    3) C’est plus joli que jus !
    4) sécu… restons polis !
    5)à mon âge, ado-ré, j’ai pas osé !
    6) grimpé au haut du mur pour digérer ses merles

  • C'est au pied du mur qu'on mange des merles : article paru sur le blog d'Anne-Laure buffet.

    Merci à Anne-Laure pour cet article élogieux:

    http://www.drole-dendroit.com/

     

     

    C'est au pied du mur qu'on mange des merles, de Luc Doyelle (alias Lucius Von Lucius)


    Méfiez-vous de votre placard….

    J’avoue, c’est beaucoup moins joli, et sacrément moins drôle, comme titre de roman. Ce qui tombe bien, c’est que le titre n’a pas été écrit par moi, mais par Luc Doyelle, connu comme Lucius von Lucius.

    Et ce qui est certain, c’est que son livre de ne manque pas d’humour. 

    Voyages dans le temps au coeur d’un placard, flash back d’émotions, un passé qui agit sur le présent, sur le futur…Imagination talentueuse et burlesque, situations cocasses, si proches du réel qu’on ne sait plus où le réel se trouve, métaphores neologismes, vérités démasquées, n’empêchant pas certaines douleurs du présent, que Lucius cherche à vaincre, d’être toujours bien présentes. 

    Il raconte son monde, si personnel, si inventif, si convivial, avec une générosité, une tendresse, un amour sans faille pour sa famille, et un amusement infinis. Il nous y entraîne, et nous le suivons bien volontiers. Sourires, fou-rires, si on a la larme à l’œil parfois, il est difficile de dire si c’est d’émotion ou de joie. 

    Un livre à imposer en urgence comme traitement anti morosité. 

    Luc Doyelle, créateur de l’anti-dépresseur que les merles vous apportent.

  • Virginie Vanos

    Aujourd'hui, coup de projecteur sur Virginie Vanos, auteur de deux ouvrages:
    Le mâle moderne, aux éditions Galopin
    La femme moderne, aux éditions Bébé Yéti

    Deux galeries de personnages caricaturaux sensés représenter des archétypes de l'homme et de la femme de notre époque.
    C'est drôle, grinçant par moment, toujours bien vu, et cela pourrait s'apparenter à une étude sociologique qui ne se prendrait pas au sérieux.

    un petit lien:

    http://www.iden-mag.com/soiree-12718.html

    A noter, Virginie Vanos dédicacera sa femme moderne à Paris, le 1er avril à 20h, à l'espace "Le Ventre de l'Architecte".

    4 rue Burnouf, Paris 19
    (Métro Colonel Fabien ou Belleville)

  • nouvel extrait : les liaisons presque dangereuses

    Giuseppe tonitruande dans ma trompe d’Eustache. Tiens, ça faisait longtemps. Je décroche d’un air fatigué. Une voix de jeune femme gazouille dans mes oreilles.
    — Monsieur Lucius von Lucius ?
    — Ouais, réponds-je, distraitement.
    — Pardonnez-moi de vous déranger, monsieur, accepteriez-vous de répondre à un petit questionnaire, qui ne prendra que quelques minutes ?
    — Mais avec grand plaisir, mademoiselle, je suis à votre service.
    Elle ne perçoit pas l’ironie et poursuit.
    — Parfait. Êtes-vous étudiant, actif, ou retraité ?
    — Retraité.
    — Ah, vous avez une voix jeune, pourtant.
    — Oui, répliqué-je, je m’astreins à deux heures de chant tous les jours et je bois un demi-litre de vin blanc à chaque repas. C’est excellent pour le larynx.
    — Oh, c’est bon à savoir. Deuxième question, combien de personnes vivent au sein de votre foyer, vous y compris ?
    — Vingt-huit.
    — Je vous demande pardon ? La question était : combien de…
    — Oui, j’ai bien compris la question, et la réponse est vingt-huit.
    — Vous en êtes sûr ?
    — Ecoutez, laissez-moi recompter. Moi, mes cinq femmes, ma maîtresse, ça fait sept. Nous avons vingt et un enfants : Arthur, Chloé, Jeannette, Edward, Gontrand, Dimitri, Mamadou, Ingrid, Konoko…
    — Mais monsieur, comment pouvez-vous avoir cinq femmes, une maîtresse et vingt et un enfants ? Ça ne se fait pas…
    — C’est parce que je suis citoyen américain, je viens de Salt Lake City, et ma religion autorise la polygamie.
    — Bon, si vous le dites. La question suivante : quel est l’âge de votre canapé ?
    — Deux cent huit.
    — Je vous ai demandé l’âge de votre canapé !
    — Oui, c’est l’âge de mon canapé. C’est un modèle Louis XVI, certifié par deux commissaires-priseurs.
    — Ça doit valoir cher ?
    — Une petite fortune. Mais c’est ma chienne qui l’utilise, il sent trop la poussière.
    Je commence à sentir son désarroi. Mais fidèle à sa check-list, elle ne se désarme pas et poursuit son interrogatoire.
    — Question suivante : quel est l’âge de votre maison ?
    — Six cent vingt-huit.
    — Six cent vingt-huit ans ? Votre maison ?
    — Oui, elle a été construite sous Charles V le Sage, fils de Jean II le Bon. D’après les experts, elle aurait appartenu à un cousin d’Etienne Marcel qui organisa la révolte des Parisiens. Savez-vous que c’est Charles V qui décréta la loi salique qui interdit la couronne aux femmes ?
    — Euh…Non, bon, alors, monsieur, je vous annonce que vos réponses vous donnent la chance de participer à un tirage au sort. Donnez-moi un nombre entre un et trente.
    — Quarante-deux.
    — Non, monsieur, je vous ai dit entre un et trente !
    — Oh, pardon, alors soixante-douze.
    — Monsieur, il me faut un nombre plus petit que trente. Soixante-douze, ça ne va pas.
    — Mais ça ne m’arrange pas, soixante-douze c’est mon âge.
    — Alors donnez-moi l’âge de votre enfant le plus jeune.
    — D’accord. Quatre-vingt-dix-huit.
    — Vous le faites exprès ?
    — Non, je suis désolé, tous mes enfants ont été adoptés, ils sont pensionnaires de la maison de retraite de Provins. Le plus vieux a cent douze ans.
    — Alors donnez-moi l’âge d’une personne de votre famille qui a moins de trente ans !
    Je la sens qui s’échauffe. Elle ne semble pas apprécier la tournure de notre conversation.
    — Zéro, virgule seize.
    — Pardon ?
    — Oui, j’ai un arrière-petit-fils qui a deux mois. Si on compte en années, cela fait à peu près ce chiffre, en arrondissant.
    — Ecoutez, je vais vous mettre seize, si vous voulez.
    — D’accord, c’est vous la patronne.
    — Alors monsieur, votre numéro est gagnant, vous avez droit à un super cadeau surprise à retirer en couple au magasin Super Meuble la semaine prochaine.
    — Oh, chouette alors ! Je pourrai venir avec mes cinq femmes ?
    — Et avec votre maîtresse, même, si vous voulez.
    — Génial !

  • nouvel extrait : les liaisons presque dangereuses

    Le petit Luc poussa un petit soupir de victoire. Il tenait là un indice capital, il en était certain. D’un geste tremblant, il fit rouler le crâne sur le lit de cailloux. Le petit objet métallique refusait de sortir de sa cachette. Alors, surmontant une nouvelle vague de nausée, il s’empara de la sphère osseuse à pleines mains et la secoua avec une belle énergie. Un petit cling sur les pierres blanches, le crâne venait de redevenir silencieux. Aux pieds du petit Luc était posé l’objet cylindrique qu’il avait imaginé, exactement pareil, légèrement aplati à son extrémité, dernier témoin d’une collision contre un obstacle résistant qui avait néanmoins cédé sous le choc.

  • nouvel extrait : les liaisons presque dangereuses

    Une tache grise au milieu de la blancheur des pierres attira l’œil du petit Luc. Il se permit demi-sourire en pensant avoir trouvé la source de cette odeur. Un petit os long dépassait de quelques centimètres. Cela ne ressemblait à aucun os de lapin ni de quelque rongeur, mais plutôt à un petit doigt. Le petit Luc se reprocha sa trop grande imagination. Il se baissa et souleva une pierre. Trois petits os articulés entre eux tenaient encore par la présence de tendons en cours de putréfaction. La puanteur se faisait plus forte. L’espace d’un instant, il crut voir bouger la phalange supérieure, comme une invitation, « viens, viens me rejoindre sous le tas de pierres, viens me tenir compagnie ». Il fit deux pas en arrière, perdit l’équilibre et dévala le monticule pour s’affaler sur le dos. Un petit caillou lui flanqua un vilain coup de pied dans l’omoplate droite, un autre lui laboura la cuisse, tandis qu’un troisième lui décollait le cuir chevelu. Le petit Luc se releva vivement et décida que la curiosité serait la plus forte. Remontant la petite colline, il entreprit de mettre au jour sa trouvaille. Partant du petit os, il calcula la distance qui devait la séparer du crâne, et souleva trois pierres. Bingo ! La puanteur devenait chaque minute plus présente, servant d’ultime repoussoir au désir du petit Luc, qui serrait les dents et pinçait le nez pour tenir le plus longtemps. Le crâne de la Chose présentait encore quelques lambeaux de chair putréfiée, les yeux avaient en revanche disparu, réservant un accueil à de nombreuses larves qui festoyaient de concert. Un bruit sec fit sursauter le petit Luc. Le cœur battant à la vitesse d’un cheval au galop, il fit violemment demi-tour dans un équilibre précaire, évitant de justesse un deuxième roulé-boulé, et tenta durant quelques secondes d’observer un silence total, les yeux fous parcourant l’horizon en tous sens. Puis il reposa les pierres à leur place et battit le record du monde du quatre cent mètres hors de présence d’un juge pour homologation.

  • extrait des liaisons presque dangereuses: chapitre 5

    Sur cette réflexion, je pousse la porte du service. Mes collègues sont presque au complet, mis à part Dominique, qui, à son habitude, fera une entrée remarquée lorsque la réunion aura débuté depuis un quart d’heure. Pour le moment, le bureau infirmier est en effervescence, non à cause du travail en cours, mais sur le simple fait d’une concentration de personnel inhabituelle. L’effet de masse, sans aucun doute.
    — Quel est le mot clef, aujourd’hui ? demandé-je à la cantonade.
    — Presse-purée, chuchote Anne-Marie tout en triant les dossiers de soin.
    — Pffff ! Et qui a eu cette merveilleuse idée ?
    — Guillaume.
    — J’aurais dû m’en douter.

    Va pour presse-purée ! L’entrée du docteur Folamour* donne le signal de départ de la réunion clinique. David ouvre le bal, étant le rédacteur officiel de la semaine. La vedette du jour est Aglaé.
    David classe quelques feuillets entre ses mains, s’éclaircit la gorge et se lance.
    — La synthèse, aujourd’hui, concerne Aglaé. Elle est née en 1989. Sa mère était femme au foyer, et son père était tailleur.
    — Il n’a pas assisté à l’accouchement ? interrompt le docteur Folamour.
    — Euh…Ben ce n’est pas précisé, pourquoi ?
    — Vous venez de dire qu’il était ailleurs.
    — Non, je voulais parler de son métier. Il était tailleur.
    — Soyez précis, David, il était là ou pas lors de l’accouchement ? C’est important.
    David se brouille légèrement, assure qu’il va se renseigner, puis continue.
    — Aglaé est la troisième d’une fratrie de quatre. Deux grands frères, Castor et Pollux, puis Aglaé, et enfin Sidonie, la plus jeune. Castor a vingt ans, et, il y a six mois, a trouvé un emploi de jeune fille au pair en Angleterre.
    Patricia ouvre un œil et demande à brûle-veston :
    — C’est pas un métier de fille, ça ?
    — Non, je ne crois pas, un garçon peut être fille au pair. Bon, je vérifierai. Autre chose ? je continue.
    David se trémousse deux fois sur sa chaise. Visiblement, il n’aime pas qu’on l’interrompe à tout bout de champ, il en perd le fil de sa pensée. Il parvient tout de même à reprendre.
    — Aglaé nous est adressée par le docteur Petiot** suite à une TS ***.
    — Par quel mode ? intervient à nouveau le docteur Folamour.
    — J’allais en parler. Elle a avalé trois boîtes de préservatifs.
    — Et elle s’est mise en danger ?
    — Je n’en suis pas sûr, mais en tout cas elle était bien ballonnée.
    — Ça, je m’en doute.
    — Comme si elle avait passé son estomac au presse-purée.
    Je note sur mon calepin. David : 1. Au-dessous : carton jaune. En principe, le narrateur n’a pas le droit d’ouvrir le bal. Je tente de lui faire les gros yeux, mais il garde le nez collé sur son feuillet. Un tour d’horizon de mes collègues m’informe qu’ils ont relevé la faute. Je décide d’intervenir.
    — Presse-purée, presse-purée, je veux bien, mais est-ce que le fait de se passer l’estomac au presse-purée en avalant des préservatifs est considéré comme une TS ?
    Toutes les paires d’yeux se braquent vers moi. Je sens que je me suis fait quelques ennemis. Je note néanmoins : Lucius : 3. Le médecin coupe court à ce concert de regards assassins en déclarant :
    — Tout acte volontaire qui se traduit par un séjour en urgence à l’hôpital peut être considéré comme une TS. Même avaler un presse-purée, pour reprendre votre expression.
    Alors là, je me fais littéralement fusiller ! Faire prononcer le mot clef par le médecin est l’acte suprême, récompensé de dix points et de la haine farouche de l’ensemble de l’équipe. Bien entendu, le médecin ne doit jamais se douter de quoi que ce soit, et dans le cas contraire, le contrevenant est disqualifié, et le jeu lui-même risque de passer à la trappe. Je n’ai plus qu’à me faire discret, et de toute façon, l’auteur de l’exploit ne peut plus prononcer le mot clef durant les dix minutes suivantes, sous peine de se voir retirer des points.
    Anne-Marie monte à l’assaut.
    — Bon, presse-purée, ou pas presse-purée, notre petite Aglaé est dans une grande souffrance psychique. Les troubles remontent à l’âge de quatre ans, n’est-ce pas, David ?
    — Oui, j’y viens.
    Je note. Lucius : 13. Anne-Marie : 2.
    — Aglaé, reprend David, a consulté avec ses parents alors qu’elle avait quatre ans, auprès du docteur Knock. Elle présentait alors des troubles de l’alimentation.
    — Anorexie ?
    — Pas vraiment. Elle refusait la viande les jours pairs et les légumes les jours impairs.
    Le docteur Folamour arbore un large sourire. Toute l’équipe sent qu’il est prêt pour une intervention fracassante dont il a le secret. En effet, le voilà dans les starting-blocks.
    — Un pur lacanien dirait qu’il y a ici une problématique liée à l’œdipe. Avez-vous noté ? Pair, père. Les jours pairs sont attribués au père, et les jours impairs à la mère, ou plus exactement tout ce qui n’est pas le père. La viande renvoie à l’angoisse de castration. Aglaé refuse de manger le phallus que son père lui a certainement coupé dans la nuit.
    — Et concernant les légumes ?, demande Sébastien, le stylo en suspension au-dessus de son calepin.
    — Le jour suivant est rattaché à la mère. Qui a assisté aux entretiens de préadmission ?
    Trois doigts se lèvent timidement. Patricia, Sébastien et Jean-Robert.
    — Avez-vous remarqué comme la mère est effacée, alors que le père est omniprésent ? Avez-vous perçu comme les propos du père sont tranchants, comme il coupe la parole à tort et à travers ? Chaque fois que la mère tente une intervention, son mari la passe à la moulinette.
    — Ou au presse-purée.
    Calepin. Sébastien : 1 point.
    — Comme vous voudrez, Sébastien, note le docteur Folamour. La mère d’Aglaé semble être un véritable légume au sein de la famille, elle se fait littéralement bouffer par son mari.
    — J’ai compris, s’exclame Patricia. D’où l’angoisse de la petite fille qui craint de manger sa mère.
    La porte du bureau s’ouvre à la volée.






    *Il est évident que je ne vais pas dévoiler le nom du médecin du service. Si j’en dis du bien, il en percevra une grande confusion. Dans le cas contraire, il risque de m’intenter un procès, et je ne doute pas que son avocat soit plus riche que le mien. L’emploi d’un pseudonyme me permet en outre un hommage à un grand génie du cinéma.
    **Même remarque. L’ordre des médecin est une organisation redoutable ; l’herbe ne repousse pas sur son passage.
    *** Tentative de suicide.

  • extrait des liaisons presque dangereuses: chapitre 3

    encore un petit extrait


    Les Mectons prennent le temps d’un petit bisou avant de partir nourrir les ambitions de l’éducation nationale. Je me glisse alors dans des draps tièdes dans lesquels l’Amie semble ne plus m’attendre. Le sommeil l’a captée tout entière depuis des siècles, à en croire son visage lisse et serein. Je ne cherche même pas à jouer le prince charmant de la belle au bois dormant, je redoute en effet l’absence de réaction de la princesse.

    L’Amie se ressource tous les mercredis, ayant découvert qu’une activité postcrabique n’était pas de tout repos. Il est des crabes de la pire espèce qui vous grignotent de l’intérieur et se retirent en laissant derrière eux un champ de bataille dont les gravats demanderont des années à être déblayés. Cette expérience nous a conduits à une certaine méfiance vis-à-vis des fruits de mer. Un bon crabe est un crabe baignant dans la mayonnaise, parole de cow-boy !
    Voyons plutôt l’aspect positif de la situation. Qu’il est bon de se coucher au petit matin près de sa douce et tendre Amie, de se coller contre son corps chaud et de s’assoupir avant qu’elle n’ouvre les yeux. Les deux dernières matinées avortées me sont fatales. Je sombre dans un gouffre dont je m’extrais quatre heures plus tard sans en avoir touché le fond. L’Amie nous prépare un repas dont les effluves sont autant de promesses non voilées.

  • extrait des liaisons presque dangereuses: chapitre 3

    — Papa, c’est quoi un Jacuzzi ?
    — Il me faut quelques secondes pour relever le nez de mon assiette. J’ai l’impression que mon fils m’a adressé la parole. Je l’interroge du regard.
    — C’est quoi un Jacuzzi ?
    Il est sympa, mon Mecton, mais quelquefois un peu fatigant. Il me prend souvent pour une encyclopédie vivante, et je n’ai pas intérêt à le décevoir.
    — Bon, un Jacuzzi, c’est une sorte de baignoire inventée par un italien, qui s’appelait Jacques Uzzi. Un jour qu’il pétait dans son bain, ça l’a chatouillé de partout, et il s’est dit que ça serait bien d’avoir plus de bulles. D’où le Jacuzzi.
    — Tu es sûr du nom de l’inventeur ?
    — Si je te le dis ! En fait son vrai nom était Giacomo Uzzi, mais on l’a plus ou moins francisé. Comme Léonard de Vinci.
    — Et le spa, papa, c’est quoi ? C’est comme le Jacuzzi ?
    — Oui, on peut dire, mais en plus grand. Et tu sais que le modèle le plus connu a été inventé par Joe Dassin ? On l’appelle le spa Dassin.
    — Pfff… n’importe quoi !
    — Tiens, pendant qu’on parle des inventeurs célèbres, tu sais qui a inventé les jantes alu ?
    — Oui, un mec qui s’appelait Jean Talu.
    — Ah bon, tu le connais ? C’était un passionné de belles voitures…
    — Papa, si tu continues à raconter n’importe quoi, je ne te demanderai plus rien.
    — Ben, c’est peut-être le but du jeu.
    — Papa, t’es pas drôle !

  • petit extrait

    L’armement fut donc modifié. Un membre du groupe proposa de remplacer le feu par un piston coulissant dans le tube, et c’est ainsi que la première pompe à vélo fut sciée à son extrémité. Les bouchons de bouteilles de vin étaient de la dimension adéquate, et bientôt chacun eut dans son cartable l’arme du futur. Les batailles dans les différentes cours du collège furent épiques, sauvages, sans pitié, un vrai carnage digne de la guerre de Cent Ans. Cette guerre ne dura toutefois que trois mois, ce qui correspondait à la capacité de réaction du corps enseignant. Le cessez-le-feu fut décrété, au grand désespoir des belligérants.

  • petit texte de concours amical

    voici un petit texte écrit en décembre dernier, toujours dans le cadre d'un concours entre amis.
    la contrainte de départ était de commencer par cette phrase:
    "Je hais les gens qui ont de l'esprit"

    Je tiens à vous avertir: je n'ai aucune animosité envers les chercheurs de CNRS. Je les ai choisis par pur caprice. Et ne cherchez pas de propos racistes non plus, ma seule motivation était ici le calembour.
    je vous souhaite bonne lecture.





    Je hais les gens qui ont de l’esprit. Comprenez-moi, ces gens-là ne sont pas comme nous. Ils sont haïssables par essence, et pas seulement de térébenthine. Afin de bien vous faire comprendre le bien fondé (de pouvoir) de cette assertion, une petite leçon de choses s’impose. Prenez un individu spirituel. Blanc, de préférence, car le négro spirituel sera abordé dans une autre rubrique dédiée à l’univers musical nord-américain.

    Maintenant, observez cet individu sous toutes les coutures. S’il en est dépourvu, jetez-le et choisissez-en un qui en possède au moins une demi-douzaine (pour toute commande importante, adressez-vous au Docteur Franckeinstein, 2 allée du cimetière, en évitant les nuits de pleine lune).

    L’homme d’esprit, comme vous pouvez le constater, est facilement reconnaissable à sa calvitie naissante, deux doigts de part et d’autre de la fontanelle et un doigt sous les sutures pariéto-temporales (voir Larousse médical illustré, pages 234 et 235, schéma 2 et 3bis). Cela s’explique aisément par une activité cérébrale intense responsable d’une surchauffe de l’encéphale de deux tiers de degré celsius, laquelle surchauffe s’échappe par le pont cérébral, l’aqueduc de Sylvius, puis après un court passage à travers le corps calleux, vient percuter, via les deux pariétaux, la structure osseuse en trois points précis.

    Voilà pourquoi je hais les gens d’esprit : ils ne sont ni plus ni moins que des chauves en puissance. Inutile de vous préciser en quoi les chauves sont haïssables. Ces êtres sans pudeur, arborant une boule lisse sans aucun complexe, n’ont même pas la décence de se couvrir d’un bérêt ou d’un haut-de-forme ! Cette peau tendue est un appel à la caresse crânienne, si ce n’est pire ! combien de fois ai-je vu, sur la voie publique, d’innocents petits enfants tendre la main vers ces globes impurs, dans l’espoir d’en expérimenter la texture ? Il m’arrive encore d’en faire des cauchemars, quand le trop plein d’indignation met le feu aux poudres du vase prêt à déborder.
    Réfrénez vos haut-le-cœur, car le pire n’a pas été dit ! Non contents de se balader la boule à zéro, ces êtres abjects sont tous myopes et presbytes, à force de lectures, d’écritures en tous genres, de scribouillages, dirai-je ! Regardez attentivement, votre spécimen : Sans ses lunettes, ses yeux se réduisent à de misérables fentes, témoins d’une sournoiserie telle qu’on n’en avait pas vues depuis Tintin et le lotus bleu. Ces cloportes au petits yeux, fourbes et cruels, ne se masquent même pas le visage. Je demande aux autorités de rendre obligatoire le Chadri pour les intellos ! À ce sujet, je vous invite à signer la pétition qui circule en ce moment dans les rangs de l’assemblée. Je vous remercie au passage.

    Continuons l’inspection de notre cobaye. Le nez proéminent s’explique par la présence de lunettes, bien évidemment, et les oreilles décollées également. La bouche fine est caractéristique d’une prédisposition à la conférence. En effet, des lèvres épaisses seraient, pour un orateur, source d’inertie et de dépense énergétique superflue. D’ailleurs, on n’embrasse pas un intellectuel. Outre qu’il est naturellement repoussant, son absence de lèvres est une invitation à la chasteté. Alors, me direz-vous, comment se reproduisent-ils ? Ce mystère a longtemps été l’écueil sur lequel les scientifiques du monde entier se sont cassés, tour à tout, les dents, les reins, les c… et les oreilles. Aujourd’hui, je peux vous le révéler. De retour d’une mission de vingt longues années au sein d’une tribu de gens d’esprit au CNRS, je vais vous dévoiler ce qui tourmente les hommes de bien depuis tant et tant de générations. Ne paniquez pas, respirez lentement, tout va bien se passer.

    En fait, la solution était d’une telle simplicité que personne n’y avait songé avant moi. Les gens d’esprit se reproduisent entre eux !

    Euh… La dame au troisième rang vient de faire un malaise. Quelqu’un peut-il appeler le SAMU ? Merci.
    Mais, me direz-vous, comment ces êtres ignobles peuvent-il consommer l’acte de chair ensemble ? tout simplement parce que, dépourvus de la moindre sensibilité, du moindre goût, ils n’ont tout simplement pas cette aversion, qui pourrait sembler aller de soi, pour les individus de leur espèce. Cela soulève cependant une autre question de taille. Comment ces sous-produits de l’humanité peuvent-ils être féconds ? C’est précisément la raison de ma présence parmi vous, ce soir. Mon prochain projet d’étude portera justement sur les caractéristiques du spermatozoïdus spirituali sapiens sapiens. Je devrai, pour m’acquiter de ma mission, effectuer de nombreux prélèvements, en zone sensible. Un petit panier circule actuellement entre les rangs. Votre générosité me permettra de financer le projet, sachant que je risquerai ma vie au quotidien. C’est à ce prix que nous ferons avancer la recherche.

    Avant de vous quitter, je voudrais vous annoncer une grande nouvelle. Dès l’année prochaine, sera organisé un spirithon, afin de recueillir, à l’échelle nationale, des fonds pour lutter contre les gens d’esprit. Mesdames et messieurs, donnez !
    Je vous remercie.

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