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court

  • Le vol du Pelikian

    Vous voulez rire pendant une dizaine de minutes?

    Oui? (qui a dit non? bon...)


    Alors allez regarder un court métrage disponible sur le net:
    Le vol du Pélikian

    Exclue et humiliée lors d'un casting d'une émission de télé réalité, Sylvie décide avec l'aide de ses amis d'enlever le célèbre producteur André Pelikian. Ensemble, ils sont prêts à tout pour assouvir la vengeance de Sylvie et ruiner la carrière du producteur, mais ce dernier n'a pas dit son dernier mot...

    Ce film a reçu le prix du public au festival du polar de St Quentin en Yvelines et le prix du meilleur court métrage au festival international de Sain Bel. Il est disponible à l'adresse suivante:

    http://www.levoldupelikian.com/


  • extrait des liaisons presque dangereuses: chapitre 19

    En décembre, les Mectons se sont investis à corps perdu dans l’organisation du Télésardine* , et ont conquis le public provinois en interprétant, avec la troupe de modern jazz de sainte-Colombe, une vision futuriste du Lac des Cygnes dans laquelle les volatiles ont été remplacés, faute de crédits, par de simples pigeons nourris aux OGM et baignant dans une flaque de marée noire. Les chasseurs arborant la moustache de José Bové et le tutu de rigueur, badigeonnaient ces pauvres bestioles d’huile d’olive, en rythme sur une musique classique de Joeystarr. Maurice Béjart se serait suicidé après avoir eu vent de ce véritable triomphe.
    Au cours de ce même mois, nous avons eu le plaisir de la visite de Nathalie. Nathalie a le don de mettre tout le monde d’accord à la maison. Explication par l’exemple :
    L'Amie : « Dis, l’Ami, tu veux bien qu’on invite Nathalie le week-end prochain ? »
    Le Mecton : « Maman, ça fait longtemps qu’on n’a pas vu Nathalie ! »
    La Mectonne : « Maman, quand est-ce que Nathalie revient nous voir ? »
    Moi : « L'Amie, si tu veux inviter Nathalie, je n’y vois aucun inconvénient… »


    *Le Télésardine est une manifestation caritative seine-et-marnaise calquée sur le Téléthon et visant à offrir aux plus démunis un apport quotidien en vitamine A.

  • extrait de mon 2e roman: la faim justifie qu'on mange des merles

    un petit extrait du chapitre 9


    A noter que récemment, j'ai été stupéfait en entendant à la radio (rire et chansons), un sketch de Sélig reprenant quelques idées de ce texte. Je jure que je n'ai pas plagié Sélig (d'ailleurs, j'ai déposé mon roman pour protection juridique à l'automne dernier), et je ne vois pas comment lui aurait pu me plagier. Il faut en conclure que nous avons eu les mêmes idées.

    voici l'extrait:



    Le trajet de retour est franchement sinistre. Moi, je ne suis pas franchement bavard, et Monica fait la gueule sur le siège passager. La radio nous annonce que les girondins de Bordeaux ont battu les Bordelais de la Gironde par trois buts partout. Je n’ai jamais rien compris à la philosophie du football. Je me demande même si c’est vraiment un sport, ou si l’on a inventé ce concept pour remplacer les jeux du cirque. Panem et circenses, comme l’aurait souligné ma professeur de Latin.
    Le visage de Monica se déride légèrement lorsque nous parvenons à hauteur de Villiers sur Marne.
    — Arrête-toi chez Ikéo, j’ai envie dé faire oune peu dé lèche-vitrine.
    — Tu es sérieuse ? Nous avons les moyens de nous payer du chêne massif, et tu veux aller chez Ikéo ?
    — Et pourquoi pas ?
    — C’est parce que Hugues Aufray leur fait de la pub dans sa chanson?
    — Hugues Aufray ? Je ne vois pas de quoi tu parles.
    — Laisse tomber.
    Je subodore une punition à peine masquée. La visite d’un magasin Ikéo est un véritable supplice pour le mari de la ménagère de moins de cinquante ans. Ikéo est la version moderne du conte du petit Poucet. Chaque magasin est conçu comme un gigantesque labyrinthe d’où l’on n’est jamais sûr de ressortir. Il n’est pas rare de buter sur le squelette d’un client oublié, entre deux salles de bains, ou sous un sommier à lattes. La boussole n’est d’aucun secours, pas plus que les sacs de gravillons. Les employés du magasin passent le balai tous les quarts d’heure, entraînant dans l’oubli toute tentative de marquage de l’itinéraire. La plupart de ces employés sont d’ailleurs d’anciens clients, récupérés le soir par la voiture balai. On leur propose alors un contrat léonin qui leur assure le gîte et le couvert, assortis d’un espoir de libération au terme de quelques années d’esclavage.
    Paradoxalement, les femmes, qui d’ordinaire butent sur la simple lecture d’une carte routière, sont parfaitement dans leur élément chez Ikéo. On les voit tracer la route sans hésitation, le nez au vent, flairant la bonne affaire du jour. Derrière, le mari, dépité et passif, se contente de suivre sa moitié en veillant à ne jamais la perdre de vue. Ikéo est d’ailleurs le lieu privilégié pour s’épargner une procédure de divorce.
    Monica ne fait pas exception à la règle. J’ai un mal fou à lui emboîter le pas. Mon GPS de poche ne reconnaît pas le magasin et se contente de m’informer que les satellites ne sont pas visibles. Je subodore un système de brouillage, d’autant plus que mon téléphone mobile a lui aussi déclaré forfait. Il est des jours où l’on se sent seul au monde dans un océan d’indifférence. Je croise un vieil employé d’origine maghrébine occupé à ramasser des petits cailloux dans l’allée. Trois secondes me sont nécessaires avant de pousser un cri perçant.
    — Ben Barka !
    — Ta gueule, me chuchote-t-il, il me reste une semaine à tirer. Casse-toi de là ! Zid ! Zid !
    J’obtempère et m’apprête à reprendre la route, quand je réalise que Monica a disparu de mon champ de vision. L’univers s’effondre autour de moi, et le sol se met à tourner dans le sens inverse des aiguilles d’un sablier. Me voilà piquant un sprint dans le couloir, renversant trois fauteuils de bureau, un ordinateur en plastique et m’affalant sur une literie Grötås. Je me relève prestement et m’accroche au bras d’un vendeur.
    — Avez-vous vu passer une actrice italienne, voici trente secondes à peine ?
    — Oui, elle a pris la troisième à gauche, puis la deuxième à droite, me répond-il affablement. Bonne chance, ça ne va pas être facile de la rattraper.
    — Je vous connais, vous ! vous êtes Éric Tabarly !
    — Chut ! Vous ne m’avez pas vu !
    Nouveau sprint dans les allées, un coup à gauche, un coup à droite. J’entr’aperçois mon épouse près d’un vendeur de canapés qui ressemble à s’y méprendre au père d’Alain Colas. Je la rejoins en soufflant comme un taureau autour d’une piscine gonflable. Un couple est en pleine négociation avec le vendeur. J’entraîne Monica un peu plus loin.
    — C’est bon, on peut partir, maintenant ?
    — Okay, Pinocchio mio, on s’en va.
    — Ouf !
    — Les gens sont bizarres, tou sais ? tou as entendou lé couple devant nous ? Ils voulaient acheter oun canapé en phacochère. Jé croyais que c’était oune espèce protégée…
    — Monica, ils cherchaient un canapé pas trop cher ! fais-je simplement en ouvrant la portière de la Porsche. Tu devrais vraiment travailler ton français.

  • concours d'écriture

    salut à tous

    de temps à autre, sur des forums, je participe à des petits concours d'écriture, en toute amitié, sans aucun enjeu que le plaisir d'écrire.

    hier soir, j'ai écrit le petit texte ci-dessous, en 20 minutes environ. La contrainte de départ était de commencer le texte par la phrase suivante:
    Ses longs cheveux flottant au vent, la belle Natacha chevauchait sa jument noire à travers les bois des Arcanes...

    voici ce que j'ai pondu:


    Ses longs cheveux flottant au vent, la belle Natacha chevauchait sa jument noire à travers les bois des Arcanes...
    Enivrée par la brise légère qui l’enveloppait telle un manteau de soupirs, elle n’entendit pas de prime abord le coup de sifflet qui zébra l’espace autour d’elle. Puis, reprenant ses esprit, elle jeta à la dérobée un regard derrière elle.
    — Damned, ne put-elle s’empêcher de jurer, la maréchaussée ! Je suis faite comme une rate (en anglais : I am made like a ratgirl).
    Elle n’avait pas le choix. Sa destrière n’avait pas la vélocité des pur-sang entraînés par la police royale. Elle se résigna à stopper sa monture sur le bas côté. Un des deux soldats du roi mit pied à terre et s’approcha d’une démarche nonchalante que n’aurait pas reniée Jean Gabin dans Quai des brumes.
    — Police royale ! Permis de chevaucher et papiers du cheval, s’il vous plait.
    Natacha obtempéra, le regard bas et la queue entre les jambes. Le cheval également.
    — Savez-vous à quelle vitesse vous galopiez ? poursuivit l’agent.
    — Non, monsieur, je me suis laissée emporter par la griserie à l’approche de ce bois, et je n’ai pas regardé le compteur.
    — Le bois des arcanes est limité à cinquante lieues à l’heure, et vous avez été flashée à soixante-cinq.
    — Oh, monsieur l’agent, s’il vous plait, ne pouvez-vous pas fermer les yeux, pour une fois ? Je vous promets de ne pas…
    — N’essayez pas de me la jouer sur ce ton, mademoiselle, et descendez de monture. Où est votre attestation de contrôle technique ?
    — Oh, mon dieu, j’ai laissé passer la date !
    — Votre cheval est en mauvais état. Le sabot arrière gauche est cassé, et l’œil droit est sujet à la cataracte. Avez-vous de quoi réparer ?
    — Oui, monsieur, j’ai une paire de lunettes équestres, et j’ai un sabot de rechange dans ma sacoche. Je répare tout de suite.
    — Bon, je ne vous verbalise pas pour ces avaries. Mais pour l’excès de vitesse, vous aurez à payer quatre-vingt dix écus, et il vous en coûtera un point de permis de chevaucher. Enfourchez votre monture et ne dépassez pas le trot, à l’avenir, à l’approche du bois des arcanes. Compris ?
    — Oui, monsieur l’agent. Et je te ferai bouffer ton tricorne.
    — Pardon ?
    —Je disais : j’ai eu tort de dépasser les bornes. Je ne le ferai plus, monsieur l’agent.
    Les cheveux en berne, la belle Natacha s’en fut, trottant tristement entre les ormes réprobateurs.

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