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littéraire - Page 2

  • Encore un dahlia noir

    voici un petit texte écrit à l'occasion d'un concours entre amis, pour le simple plaisir.

    la contrainte de départ était de rédiger un polar et de placer dans le texte les mots suivants, dans l'ordre:

    gadoue - olé - cantique - rectangle - buvard - coquille - serpentin


    après lecture, vous aurez peut-être l'impression que ces mots n'y sont pas. Mais cherchez bien!





    Encore un dahlia noir


    Sale affaire, se répétait Nestor en arpentant les pièces de la luxueuse demeure du bord de mer. Sale affaire. Et encore, il n’avait pas vu le principal.
    — Commissaire Boyaux, par ici !
    Forcément, le sursis avait été de courte durée. Le spectacle n’avait rien d’une Disney parade.
    — Il en manque un bout, non ?
    — Euh… oui, commissaire, nous n’avons pas encore retrouvé les jambes.
    — Continuez à chercher, mais auparavant, faites-moi un topo sur la situation.
    — Guilaine Shérif, quarante ans, chef d’entreprise…
    — Dans quel domaine ?
    — Elle vendait des bougies. Pour les automobiles.
    — C’était une allumeuse ?
    — Encore trop tôt pour l’affirmer, commissaire.
    — Et pourquoi l’a-t-on coupée en deux ?
    L’inspecteur marqua un temps d’hésitation, puis se reprit.
    — Encore trop tôt pour le savoir.
    Nestor remarqua avec surprise la présence d’une fleur dans les cheveux de la victime. Un dahlia noir, certainement. Pas une fleur de tous les jours.
    — La légiste est arrivée ?
    — Oui, commissaire, elle est juste derrière vous.
    Le médecin légiste était une ancienne actrice qui avait brillé en son temps, particulièrement dans un feuilleton mémorable contant les aventures d’une princesse en Avignon. Elle s’était découvert, sur le tard, un don unique pour déterminer, sur chaque scène de crime, l’heure de la mort de la victime.
    — Marthe Keller ? soupira Nestor sans se retourner.
    — Vingt-deux heures quinze, répondit une voix derrière lui.
    — Bonjour, Marthe. Dites, la victime a un doigt rouge.
    — On ne peut rien vous cacher, commissaire. Elle a un doigt rouge, qui a servi à écrire sur le mur.
    Nestor s’agenouilla près du corps. Effectivement, une inscription en lettres de sang affirmait :
    Omar m’a découper.
    Il se releva et tourna la tête vers l’inspecteur.
    — Que dit le profiler ?
    — Que l’assassin est un basketteur de l’équipe de la Napoule, qu’il écoute du R’nB et qu’il fume des gitanes maïs. Ça ne va pas être facile de le coincer, avec si peu d’éléments.
    — Et comment a-t-il déduit tout cela ?
    — Oh ! euh… on a retrouvé, près du corps, un short, un cd d’Amel Bent et trois mégots.
    Un short, un dahlia noir. Nestor se surprit à tourner en rond. Un short, un dahlia noir. Quelque chose clochait.
    — Très bien. Dites, Mme Shérif était-elle instruite ?
    — Affirmatif. Elle était agrégée de littérature, auteur d’une thèse sur le rôle fondamental du participe passé dans les grandes affaires criminelles.
    — Merci, inspecteur. Combien de suspects ?
    — Quatre, commissaire. Le mari et trois employés de la maison. Ah, j’oubliais, on vient de retrouver les jambes de la victime au-dessus de l’armoire.
    — Quelle hauteur ?
    — Deux mètres quarante-huit.
    Sale affaire, vraiment. Il ne serait pas aisé de trouver un coupable parmi autant de suspects. Nestor, se sentait devenir nerveux.
    — Faites entrer le premier.

    Le suspect numéro un était vêtu d’une tunique blanche et coiffé d’une toque assortie, contrastant avec sa peau d’un noir profond.
    — Nom, prénom, taille et fonction, demanda sèchement Nestor.
    — Omar Thermi. Un mètre quarante-huit, cuisinier. Je suis un bon gars, je n’aurais pas fait de mal à Mme Shérif, vous savez ?.
    — Un bon gars d’où ?
    — De Ouagadougou.
    — Que faisiez-vous hier dans la soirée ?
    — Je dormais, monsieur le commissaire.
    — Bien, vous pouvez disposer.
    — N’allez-vous pas un peu vite en besogne ? osa l’inspecteur quand Omar Thermi fut sorti.
    — Mais non, inspecteur, vous voyez bien que ce type est un bon gars, comme il le dit lui-même. Il ne ferait pas de mal à une mouche.

    Le deuxième suspect entra à son tour et déclina son identité en pouffant dans sa moustache.
    — Omar Allard, cuisinier également. Un mètre trente-cinq. J’étais en cuisine hier soir.
    — Bien, merci. Heureux de constater que la situation n’entache pas votre bonne humeur.
    Tandis que le deuxième cuistot prenait congé, l’inspecteur explosa.
    — Mais enfin, commissaire, on ne pourrait pas les cuisiner un peu plus que ça ? Je suis sûr que l’un d’eux se mettrait rapidement à table.
    — Pas de panique, inspecteur. Vous avez vu comme il a rigolé pendant l’entretien ? Un homme aussi jovial ne peut pas être un assassin.
    — Tout de même, ne trouvez-vous pas étrange que tous les employés de cette maison soient si petits ?
    — Un détail, inspecteur, un simple détail. Ne vous attardez pas sur d’aussi infimes éléments.

    Le troisième suspect arborait un costume trois pièces de chez Gucci, une chevelure coiffée au millimètre et une dizaine d’ongles manucurés.
    — Omar Shérif. Un mètre trente-deux. J’étais le mari de la victime, historien et auteur d’un célèbre ouvrage sur le Maroc antique. Hier soir, j’étais en cellule de dégrisement après un match de foot. Trop de bières. Contrôlé dans la rue. Embarqué direct.
    — Angleterre-France ?
    — Yes, sir. Trois zéro pour la France.
    — Merci, monsieur Shérif, vous pouvez disposer.
    — Ah, quel dommage, s’écria l’inspecteur, quand l’homme fut sorti. On tenait un mobile, c’était sans compter un alibi en béton.
    — Eh… oui, l’homme avait bu.
    — Va rien donner, cette enquête. Franchement, je ne la sens pas.
    — Patience, patience, il nous reste un suspect.

    — Alec Revisse. Deux mètres zéro quatre. Je suis le jardinier de Mme Shérif.
    — Arrêtez de fumer, quand je vous parle ! Et éteignez ce balladeur. Votre alibi pour hier soir ?
    — J’étais dans le poulailler, je cherchais un coq, il y en avait un de moins, et je craignais qu’il n’ait été victime d’un serpent introduit dans ces lieux.
    Nestor bondit vers l’homme, faisant sursauter par là même son subordonné.
    — Monsieur Revisse, je vous arrête pour le meurtre de Madame Shérif !
    — Vous n’avez aucune preuve, répliqua l’homme tout en levant les mains au dessus de ses épaules.
    — Au contraire, tout s’emboîte ! Pendant qu’Omar Thermi dort, qu’Omar Allart fait la cuisine, et qu’Omar Shérif est en prison, vous rêvez d’une partie de jambes en l’air avec votre patronne. Mais pas de chance, elle se refuse à vous. Alors vous la coupez en deux, jetez ses jambes par dessus l’armoire, et sous la menace d’une arme, vous la forcez à écrire ce message sur le mur avec son propre sang. Vous avez juste oublié un détail.
    — Bon sang, mais lequel ?
    — Vous êtes la seule personne, ici, à ne pas être prénommée Omar. Ce qui fait de vous le suspect numéro un. Vous êtes pris à votre propre piège, Alec Revisse. Embarquez-le !
    — Commissaire, il y a des jours où vous m’épatez. Franchement.
    — le métier, inspecteur, le métier. Vous y arriverez, un jour.

  • Pas d'Europe 1

    J'ai attendu, hier, toute la journée, un coup de fil d'Europe 1. Que nenni. M'auraient-ils oublié? l'avenir nous le dira.
    quoiqu'il en soit, je présente mes excuses à tous les sangliers de Seine et Marne qui m'ont entendu déclamer les pages de mon roman, en pure perte.
    Il faut se réjouir de ce qu'on nous donne, mais ne pas pleurer sur ce qu'on ne nous donne pas. J'espère avoir bientôt une autre opportunité de faire connaître ce roman au monde entier.
    suite... au prochain bulletin

  • extrait de mon 2e roman: la faim justifie qu'on mange des merles

    — Maintenant, tou vas mé dire qui c’est, cette « l’Amie » ! hurle Monica dans mes trompes* .
    — Tu me cherches, la grosse ? Répond une voix derrière elle.
    Monica s’écarte en opérant un demi-tour avec la grâce d’une danseuse du Bolchoï, dévoilant un visage ivre de colère** . Ce visage ne m’est pas inconnu, mais sur l’instant, il m’est difficile d’y coller un nom.
    — Alors c’est toi l’Amie ! Jé vais té crever, pouffiasse !

    Monica arme son poing mais l’amie est prompte comme la religieuse*** et lui place un bel uppercut à la pointe du menton. Le coup porte à moitié car Monica a esquivé et réplique par un direct au foie. L’amie penche vers l’avant, le souffle coupé, et en profite pour asséner un formidable coup de boule qui fait éclater l’arcade sourcilière de Monica.

    La suite devient difficile à suivre, aussi j’enclenche illico le ralenti. L’amie met en œuvre son célèbre jeu de jambes qui décontenance son adversaire, et place coup sur coup trois bourre-pifs avec une précision diabolique. Monica encaisse et envoie brusquement son genou en avant en direction de l’entrejambe de l’Amie, qui sursaute de douleur et contre-attaque par un mawashi geri qui cueille Monica sur le côté de la mâchoire.

    Mais voilà que, retournement de situation, quatre Mectons surgissent du néant. Deux d’entre eux sont habillés façon BCBG et se jettent sur Monica, l’un s’agrippant à sa longue chevelure, l’autre mordant, avec une superbe dentition rehaussée d’un appareil d’orthodontie, dans le mollet gauche de la belle italienne. Les deux autres mectons, sortis tout droit d’un clip de hard rock, blouson noir et rangers aux pieds, entreprennent de savater, à la régulière, l’Amie tandis qu’elle marque un temps d’arrêt dû à la surprise.

    Monica a réussi à empoigner la cheville du petit Mecton BCBG et le fait tournoyer au-dessus de la tête avant le lâcher pour un vol orbital de quatre secondes et demie. Sa sœur entreprend de le venger en appliquant, comme à l’école, le coup du bélier dans l’estomac, tout en remerciant sa prof d’éducation physique pour son enseignement. Les deux Mectons gothiques poussent alors un hurlement rappelant le cri du gorille de Tanzanie, et se ruent de conserve sur leurs congénères pour une baston en bonne et due forme. Je vois sortir des poches, successivement, un nunchaku, deux cutters, une lime à ongle et une bombe lacrymogène.

    Soudain, tout s’éclaire en moi. Je réalise que je suis le seul à pouvoir stopper cette boucherie. Je me mets à hurler, gesticuler, supplier pour que le combat cesse. Peine perdue ! Monica tourne la tête vers moi, esquivant de ce fait un atemi de l’Amie, et me lance :
    — Tou dois faire oune choix, Doucon !
    — Parfaitement, abruti ! Renchérit l’Amie, en imprimant la semelle de sa chaussure à talon sur la joue de son ennemie jurée. Tout ça, c’est de ta faute !
    Je suis sur les genoux. Ma bouche s’est ouverte mais mon gosier refuse de laisser le passage au moindre mot. Il me faut vingt secondes pour pouvoir enfin articuler :
    — Mais comment ?
    — Tou as deux vies, et c’est oune dé trop !
    — Tu as encore fait le con, l’Ami ! Il faut que tu répares, et vite !

    J’ai deux vies. Mais oui, j’ai deux vies. Mais comment est-ce arrivé ? Je me souviens parfaitement d’avoir vécu des moments inoubliables avec l’Amie, et pourtant, je les avais oubliés. Comment ai-je pu effacer de ma vie cette bohémienne qui tournoyait autour d’un feu de bois, entraînée par la musique des Gipsy Kings, qui m’accueillait à l’intérieur de sa roulotte tandis que le propriétaire des lieux essayait de me plomber à coup de chevrotine ? Comment ai-je pu occulter que deux aliens ont poussé subitement dans son ventre avant de débarquer dans la maison, transformant irrémédiablement ma vie en une sarabande effrénée ? Mais surtout, comment ai-je pu, dans le même temps, vivre une si belle aventure avec Monica, grimper en sa compagnie les marches de la gloire littéraire tandis qu’elle conquisait**** le monde du cinéma ? Non, je n’ai pas pu vivre tout cela en même temps. Il me faut trouver la clef de tout cet imbroglio, me dis-je en aparté, tandis que devant moi, les hostilités reprennent de plus moche.
    — Reviens vers moi, me chuchote une voix espiègle à l’oreille.




    * D’eustache, faut-il le préciser ?
    ** Célèbre AOC poitevin obtenu par fermentation des raisins de la colère.
    *** J’ai peut-être confondu avec une autre pâtisserie, étourdi comme je le suis ces derniers temps.
    **** Du verbe conquir, adopté à l’unanimité par l’Académie Française, pas plus tard que la semaine dernière. Très facile à conjuguer, contrairement à celui qu’il remplace. Ça va faire plaisir aux rappeurs.

  • extrait des liaisons presque dangereuses: chapitre 19

    En décembre, les Mectons se sont investis à corps perdu dans l’organisation du Télésardine* , et ont conquis le public provinois en interprétant, avec la troupe de modern jazz de sainte-Colombe, une vision futuriste du Lac des Cygnes dans laquelle les volatiles ont été remplacés, faute de crédits, par de simples pigeons nourris aux OGM et baignant dans une flaque de marée noire. Les chasseurs arborant la moustache de José Bové et le tutu de rigueur, badigeonnaient ces pauvres bestioles d’huile d’olive, en rythme sur une musique classique de Joeystarr. Maurice Béjart se serait suicidé après avoir eu vent de ce véritable triomphe.
    Au cours de ce même mois, nous avons eu le plaisir de la visite de Nathalie. Nathalie a le don de mettre tout le monde d’accord à la maison. Explication par l’exemple :
    L'Amie : « Dis, l’Ami, tu veux bien qu’on invite Nathalie le week-end prochain ? »
    Le Mecton : « Maman, ça fait longtemps qu’on n’a pas vu Nathalie ! »
    La Mectonne : « Maman, quand est-ce que Nathalie revient nous voir ? »
    Moi : « L'Amie, si tu veux inviter Nathalie, je n’y vois aucun inconvénient… »


    *Le Télésardine est une manifestation caritative seine-et-marnaise calquée sur le Téléthon et visant à offrir aux plus démunis un apport quotidien en vitamine A.

  • extrait de mon 2e roman: la faim justifie qu'on mange des merles

    un petit extrait du chapitre 9


    A noter que récemment, j'ai été stupéfait en entendant à la radio (rire et chansons), un sketch de Sélig reprenant quelques idées de ce texte. Je jure que je n'ai pas plagié Sélig (d'ailleurs, j'ai déposé mon roman pour protection juridique à l'automne dernier), et je ne vois pas comment lui aurait pu me plagier. Il faut en conclure que nous avons eu les mêmes idées.

    voici l'extrait:



    Le trajet de retour est franchement sinistre. Moi, je ne suis pas franchement bavard, et Monica fait la gueule sur le siège passager. La radio nous annonce que les girondins de Bordeaux ont battu les Bordelais de la Gironde par trois buts partout. Je n’ai jamais rien compris à la philosophie du football. Je me demande même si c’est vraiment un sport, ou si l’on a inventé ce concept pour remplacer les jeux du cirque. Panem et circenses, comme l’aurait souligné ma professeur de Latin.
    Le visage de Monica se déride légèrement lorsque nous parvenons à hauteur de Villiers sur Marne.
    — Arrête-toi chez Ikéo, j’ai envie dé faire oune peu dé lèche-vitrine.
    — Tu es sérieuse ? Nous avons les moyens de nous payer du chêne massif, et tu veux aller chez Ikéo ?
    — Et pourquoi pas ?
    — C’est parce que Hugues Aufray leur fait de la pub dans sa chanson?
    — Hugues Aufray ? Je ne vois pas de quoi tu parles.
    — Laisse tomber.
    Je subodore une punition à peine masquée. La visite d’un magasin Ikéo est un véritable supplice pour le mari de la ménagère de moins de cinquante ans. Ikéo est la version moderne du conte du petit Poucet. Chaque magasin est conçu comme un gigantesque labyrinthe d’où l’on n’est jamais sûr de ressortir. Il n’est pas rare de buter sur le squelette d’un client oublié, entre deux salles de bains, ou sous un sommier à lattes. La boussole n’est d’aucun secours, pas plus que les sacs de gravillons. Les employés du magasin passent le balai tous les quarts d’heure, entraînant dans l’oubli toute tentative de marquage de l’itinéraire. La plupart de ces employés sont d’ailleurs d’anciens clients, récupérés le soir par la voiture balai. On leur propose alors un contrat léonin qui leur assure le gîte et le couvert, assortis d’un espoir de libération au terme de quelques années d’esclavage.
    Paradoxalement, les femmes, qui d’ordinaire butent sur la simple lecture d’une carte routière, sont parfaitement dans leur élément chez Ikéo. On les voit tracer la route sans hésitation, le nez au vent, flairant la bonne affaire du jour. Derrière, le mari, dépité et passif, se contente de suivre sa moitié en veillant à ne jamais la perdre de vue. Ikéo est d’ailleurs le lieu privilégié pour s’épargner une procédure de divorce.
    Monica ne fait pas exception à la règle. J’ai un mal fou à lui emboîter le pas. Mon GPS de poche ne reconnaît pas le magasin et se contente de m’informer que les satellites ne sont pas visibles. Je subodore un système de brouillage, d’autant plus que mon téléphone mobile a lui aussi déclaré forfait. Il est des jours où l’on se sent seul au monde dans un océan d’indifférence. Je croise un vieil employé d’origine maghrébine occupé à ramasser des petits cailloux dans l’allée. Trois secondes me sont nécessaires avant de pousser un cri perçant.
    — Ben Barka !
    — Ta gueule, me chuchote-t-il, il me reste une semaine à tirer. Casse-toi de là ! Zid ! Zid !
    J’obtempère et m’apprête à reprendre la route, quand je réalise que Monica a disparu de mon champ de vision. L’univers s’effondre autour de moi, et le sol se met à tourner dans le sens inverse des aiguilles d’un sablier. Me voilà piquant un sprint dans le couloir, renversant trois fauteuils de bureau, un ordinateur en plastique et m’affalant sur une literie Grötås. Je me relève prestement et m’accroche au bras d’un vendeur.
    — Avez-vous vu passer une actrice italienne, voici trente secondes à peine ?
    — Oui, elle a pris la troisième à gauche, puis la deuxième à droite, me répond-il affablement. Bonne chance, ça ne va pas être facile de la rattraper.
    — Je vous connais, vous ! vous êtes Éric Tabarly !
    — Chut ! Vous ne m’avez pas vu !
    Nouveau sprint dans les allées, un coup à gauche, un coup à droite. J’entr’aperçois mon épouse près d’un vendeur de canapés qui ressemble à s’y méprendre au père d’Alain Colas. Je la rejoins en soufflant comme un taureau autour d’une piscine gonflable. Un couple est en pleine négociation avec le vendeur. J’entraîne Monica un peu plus loin.
    — C’est bon, on peut partir, maintenant ?
    — Okay, Pinocchio mio, on s’en va.
    — Ouf !
    — Les gens sont bizarres, tou sais ? tou as entendou lé couple devant nous ? Ils voulaient acheter oun canapé en phacochère. Jé croyais que c’était oune espèce protégée…
    — Monica, ils cherchaient un canapé pas trop cher ! fais-je simplement en ouvrant la portière de la Porsche. Tu devrais vraiment travailler ton français.

  • concours d'écriture

    salut à tous

    de temps à autre, sur des forums, je participe à des petits concours d'écriture, en toute amitié, sans aucun enjeu que le plaisir d'écrire.

    hier soir, j'ai écrit le petit texte ci-dessous, en 20 minutes environ. La contrainte de départ était de commencer le texte par la phrase suivante:
    Ses longs cheveux flottant au vent, la belle Natacha chevauchait sa jument noire à travers les bois des Arcanes...

    voici ce que j'ai pondu:


    Ses longs cheveux flottant au vent, la belle Natacha chevauchait sa jument noire à travers les bois des Arcanes...
    Enivrée par la brise légère qui l’enveloppait telle un manteau de soupirs, elle n’entendit pas de prime abord le coup de sifflet qui zébra l’espace autour d’elle. Puis, reprenant ses esprit, elle jeta à la dérobée un regard derrière elle.
    — Damned, ne put-elle s’empêcher de jurer, la maréchaussée ! Je suis faite comme une rate (en anglais : I am made like a ratgirl).
    Elle n’avait pas le choix. Sa destrière n’avait pas la vélocité des pur-sang entraînés par la police royale. Elle se résigna à stopper sa monture sur le bas côté. Un des deux soldats du roi mit pied à terre et s’approcha d’une démarche nonchalante que n’aurait pas reniée Jean Gabin dans Quai des brumes.
    — Police royale ! Permis de chevaucher et papiers du cheval, s’il vous plait.
    Natacha obtempéra, le regard bas et la queue entre les jambes. Le cheval également.
    — Savez-vous à quelle vitesse vous galopiez ? poursuivit l’agent.
    — Non, monsieur, je me suis laissée emporter par la griserie à l’approche de ce bois, et je n’ai pas regardé le compteur.
    — Le bois des arcanes est limité à cinquante lieues à l’heure, et vous avez été flashée à soixante-cinq.
    — Oh, monsieur l’agent, s’il vous plait, ne pouvez-vous pas fermer les yeux, pour une fois ? Je vous promets de ne pas…
    — N’essayez pas de me la jouer sur ce ton, mademoiselle, et descendez de monture. Où est votre attestation de contrôle technique ?
    — Oh, mon dieu, j’ai laissé passer la date !
    — Votre cheval est en mauvais état. Le sabot arrière gauche est cassé, et l’œil droit est sujet à la cataracte. Avez-vous de quoi réparer ?
    — Oui, monsieur, j’ai une paire de lunettes équestres, et j’ai un sabot de rechange dans ma sacoche. Je répare tout de suite.
    — Bon, je ne vous verbalise pas pour ces avaries. Mais pour l’excès de vitesse, vous aurez à payer quatre-vingt dix écus, et il vous en coûtera un point de permis de chevaucher. Enfourchez votre monture et ne dépassez pas le trot, à l’avenir, à l’approche du bois des arcanes. Compris ?
    — Oui, monsieur l’agent. Et je te ferai bouffer ton tricorne.
    — Pardon ?
    —Je disais : j’ai eu tort de dépasser les bornes. Je ne le ferai plus, monsieur l’agent.
    Les cheveux en berne, la belle Natacha s’en fut, trottant tristement entre les ormes réprobateurs.

  • Europe 1: le défi du dimanche (suite et fin)

    La frustration de devoir déclamer mon roman devant une horde de sangliers m'a convaincu de passer à la vitesse supérieure. Direction St Tropez, où, prenant les boîtes les plus branchées en enfilade, j'ai donné de la voix au milieu de foules hystériques.
    Les plus jeunes ont délaissé la techtonique pour inventer un nouveau concept intitulé hypertrichotique, à base de reptations que je me garderai bien reproduire ici, sous peine de me claquer quelques lombaires.

    suite au prochain bulletin

  • Europe 1, lire mon roman

    Bon, puisque je dois lire mon roman sur l'antenne d'Europe 1, je me suis inscrit presto au cours Florent, catégorie cours accélérés. Mon programme, jusqu'à mercredi, se compose de:

    18 heures de cours de mime, par Mimi Mathy
    15 heures pour apprendre à pleurer en public, par Loana
    12 heures de chant. Luciano Pavarotti a été remplacé au pied levé par Patrick Fiori. Le doyen de l'école m'a certifié que je verrai pas la différence.
    180 heures de cours de diction par Darry Cowl et Francis Perrin (là, j'ai un doute sur le sérieux de l'école).
    mardi soir, j'ai droit à un débriefing par Raphaelle Ricci. Putain, ce que je vais prendre!

    bon, je vous tiens au courant pour la suite

    Luc

  • Europe 1

    Je m'entraîne à lire mon roman à haute voix. Mercredi, je dois faire un essai, par téléphone, pour l'émission de Laurent Baffie du dimanche matin. Défi: lire les liaisons presque dangereuses pendant deux heures.

  • Après RTL, Europe 1

    Je suis en contact avec une collaboratrice de Laurent Baffie, pour son émission du dimanche matin sur Europe 1.
    je dois faire un essai cet après midi, et si c'est concluant, je serai invité à lire mon roman à l'antenne.
    Mais ne vendons pas la peau du castor avant que l'ours ne fasse le printemps.

  • interview RTL

    hier, mon article sur l'interview RTL a attiré un grand nombre de visiteurs. J'espère que c'est un tournant dans le démarrage de mon roman, et que d'autres médias s'y intéresseront. L'interview a été diffusé le matin à 6h45. Ce n'est certes pas la meilleure heure pour un peu de promotion, mais c'est déjà énorme. Quand je recevrai les chiffres de ventes d'Amazon, je saurai si cette promotion a été utile. Mais toute pierre est utile à l'édifice. Je continue mon chemin.
    merci à tous.
    Luc

  • évolution

    Depuis la parution du roman, à Noël dernier, les ventes restent soutenues. Pas de quoi battre Harry Potter (du moins, pas encore), mais je reste sur une vente par jour en moyenne. Espérons que l'interview de RTL booste ce chiffre.
    Quoiqu'il en soit, le bouche à oreille fonctionne, pour l'instant à petite échelle. La quasi totalité des lecteurs ont aimé, voire adoré cette histoire, et me le font savoir tous les jours, par mail, sur mon site photo ou sur mes blogs. Encore merci.
    Luc

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