Auteur des “liaisons presque dangereuses“, son nouveau roman “C’est au pied du mur qu’on mange des merles“ sort aujourd’hui !
Luc m’a fait le plaisir de répondre à quelques questions, à sa façon, toujours avec humour… Tout ce que j’aime, quoi !
Léa : Quel a été l’élément déclencheur, ce qui t’a poussé à écrire un premier roman ?
Tout a commencé un soir de brume, alors que je cherchais un raccourci que jamais je ne trouvai. J’avais entrepris l’ascension de l’Annapurna par la face nord des grandes Jorasses, accompagné d’un sherpa pas cher. Arrivé au sommet, je m’écriai : « Je serai écrivain, ou rien ! ». Comme je mets un point d’honneur à accomplir mes propres prophéties, et que je n’aspirais pas à m’engager vers le néant, il ne me restait qu’une solution : écrire.
Léa: As-tu une méthode particulière pour écrire ? Tes petits trucs d’écrivain…
Je fais trois fois le tour de mon jardin à cloche-pied, puis j’ouvre une page Word (c’est une étape obligatoire = pas moyen de trouver un stylo qui fonctionne, dans cette satané baraque !). Je vide mon esprit, et je me place en mode « écriture automatique ».
A chaque page noircie, je joue « La dispute d’Amélie Poulain » au piano. Ensuite, je reçois la visite des flics qui viennent constater le tapage nocture (ou diurne, car j’écris aussi dans la journée).
Un plan précis ? J’ai oublié ce qu’était un plan depuis le bac philo.
J’écris parfois 15 pages par jour, puis je laisse décanter pendant des mois, tandis que l’histoire continue à se construire dans ma tête…
Léa : Peux-tu nous raconter ton Koh-Lanta de l’édition ?
Après avoir écrit mon premier roman, je me suis écrié, du haut de la tour Montparnasse : « Ce sera Albin Michel, ou rien ! »
J’ai donc pris rendez-vous avec Albin Michel, au Fouquet’s, un mardi du mois de novembre à midi, mais curieusement, il n’est pas venu. Je me suis consolé en dévorant une salade de raviolis à la langoustine.
J’ai procédé de la même manière avec tous les grands éditeurs. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai même tenté le coup auprès d’Edith Cresson, Edith Piaf, sans résultat.
Je me suis dit alors qu’il me fallait une couverture médiatique. Je me suis inscrit à « Des chiffres et des lettres » et à « Questions pour un champion », où j’ai gagné une encyclopédie sur les Papous.
J’ai été recalé à « Fort Boyard », parce que j’avais les pieds plats, et aussi parce que j’avais tiré la barbe du père Fouras, parce que j’avais un doute sur son authenticité.
Léa : Petits et grands éditeurs : ça évoque quoi pour toi ? Quelles différences ?
Un grand éditeur, c’est un type bourré aux as, qui peut diffuser sur RTL une pub pour un roman calibré, programmé pour cartonner au box office.
Un petit éditeur, c’est un autre type qui risque sa vie à chaque instant pour faire connaître un auteur qu’il a aimé (pas d’amour tendre. Juste professionnellement parlant).
Léa : Si on parle gros sous, c’est tabou ? Peut-on vivre de l’écriture en France ?
Oui, on peut en vivre, si on est expert comptable, mais c’est rébarbatif. Vivre en écrivant des romans ? Oui, je crois qu’on peut aussi, tout comme on peut ressusciter après avoir été cloué sur une croix, ou comme on peut ouvrir la Mer Rouge en deux pour laisser passer ses copains en revenant d’une croisière sur le Nil.
Léa : Ton actu, peux-tu nous parler de la sortie de ton dernier livre ?
Oui, il sort aujourd’hui ! (le 18 décembre 2009, pour ceux qui liront cet article dans six mois). Son titre ? « C’est au pied du mur qu’on mange des merles ».
C’est mon deuxième roman. Le premier a rencontré un accueil chaleureux (incandescent, devrais-je préciser). Ce nouvel opus, disponible sur le marché du même nom, n’est pas une suite, mais il reprend les personnages (attachants, précisons le) que mes lecteurs ont tant aimés (ce sont eux qui le prétendent !).
Un petit pitch ? D’accord, à la demande générale.
Lucius (le héros) découvre que les placards de sa maison sont pourvus d’une fonction non prévue dans les plans initiaux de l’architecte. Au point de bouleverser des pans entiers de son existence. Lucius se verra dans l’obligation de faire des choix… cornéliens.
Léa : Enfin, si tu devais te réveiller demain matin et que ton plus grand rêve soit exaucé, ce serait quoi ?
J’aimerais que Benoit XVI se réveille dans la peau d’un aborigène bouddhiste, qu’il reconnaisse que Jésus a certes marché sur l’eau, mais c’était en plein hiver et il avait des patins à glace.

























